Ses avocats

Eugen WEIDMANN bien que, n’ayant eu de toute sa vie pas un sou devant lui, a été défendu devant le tribunal de Versailles par plusieurs avocats, tous nommés d’office et qui n’eurent pour seule rémunération que le bruit médiatique fait par cette affaire qui occupa beaucoup les journaux de l’époque. Tout d’abord, Maître Roger PLANTY, alors Bâtonnier. Il s’est désigné lui-même ainsi que deux jeunes de ses collègues, Maître Jean RAOULT et Maître Renée JARDIN qui n’était jamais la dernière pour se mettre en avant. Elle disait volontiers avoir été choisie par WEIDMANN. Elle fut certainement fort appréciée par celui-ci qui l’appelait « Maître chérie » dans certains de ses courriers mais la seule demande de WEIDMANN lors de son incarcération a été d’être défendu par une femme. Or, à cette époque où très peu de personnes du genre féminin occupaient des postes officiels en France, elle était la seule femme officiant au barreau de Versailles.

Sur les conseils de Maître LANGE, avocat à Francfort sur le main et ami de la famille, la mère d’Eugen WEIDMANN voulait y adjoindre Maître René FLORIOT, mais son fils refusa absolument, malgré l’insistance de ce dernier.

Maître RAOULT dans ses notes personnelles qualifiera son client :   « d’individu énigmatique »,  « déroutant »,  à la fois « faible et orgueilleux » qui fait « les pires bêtises » et a « des sentiments qui l’honorent ». Il interviendra peu avant le procès en demandant au nouvel aumônier de la prison de venir réconforter et aider son client.

Maître Renée JARDIN le décrivait ainsi : « J’étais jeune, il était beau, d’une élégance naturelle,  plein d’allure. C’est vrai qu’il me faisait une forte impression ». Ses confrères pensent à l’époque « qu’il lui a tapé dans l’œil ». Elle lui consacrera tout son temps libre, sinon pour lui éviter la guillotine, mais du moins pour sauver son âme. Ils vont ainsi se parler « honnêtement » d’amour avec la bénédiction de l’évêque de Versailles qui a conseillé à Maître JARDIN de « préparer l’âme » de son client et de « lui apporter la consolation de la foi ».

En mai 1938, Maître Vincent de MORO GIAFFERRI, rejoindra la troupe des défenseurs. Agé de 61 ans, vieux routier des prétoires, il était célèbre   pour avoir défendus entre autres Dieudonné de la bande à BONNOT en 1913, puis le célèbre  Henri Désiré LANDRU, guillotiné en 1922, ainsi que le militant communiste bulgare Georgi Mikhailov DIMITROV, l’un des auteurs prétendus de l’incendie du Reichstag à Berlin dans la nuit du 27 au 28 février 1933.

La publicité faite sur l’ affaire WEIDMANN sera énorme, reprise à l’unisson par les divers journaux français de l’époque, quotidiens ou hebdomadaires, qui jouaient alors le rôle maintenant tenu par le journal télévisé, ainsi que par divers journaux étrangers.

Quelques années plus tard, en 1944, Maître Renée JARDIN sera obligée de quitter la France où elle sera condamnée par contumace pour faits de collaboration avec l’occupant et rayée de l’Ordre des Avocats. Réfugiée aux états unis après un long séjour dans un monastère, où elle nous dit avoir souffert de « dépression mélancolique »,  elle épousera Hans BIRNIE, professeur à Stanford en Californie, auprès de qui elle vivra pendant une vingtaine d’années. Amnistiée par décret du Président de la République elle s’expliquera de ces faits dans son livre « Les pas du proscrit » publié en 1964. Hans Bernie décèdera peu après leur retour en Europe et elle-même terminera ses jours à Clarens en Suisse

 

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